Vous êtes à table, la conversation glisse sur les salaires, le physique d’un collègue ou les histoires d’un absent. Selon des chercheurs de l’Université Columbia, les personnes à l’intelligence relationnelle élevée évitent d’instinct ces trois terrains : l’argent, l’apparence physique et la médisance. Voici pourquoi, et ce que cela change pour vous.
En bref
- Des chercheurs de l’Université Columbia ont identifié trois thèmes que les personnes à l’intelligence relationnelle élevée évitent d’instinct en conversation.
- L’argent, l’apparence physique et la médisance risquent de créer comparaison, insécurité, malaise ou rivalité chez l’interlocuteur.
- Éviter ne signifie pas se taire : il s’agit de choisir à qui parler d’argent, et comment.
Le chiffre clé : 3, sujets de conversation évités par les personnes à l’intelligence relationnelle élevée.
Trois terrains minés que l’intelligence relationnelle contourne
Montaigne tenait la conversation pour l’exercice le plus fructueux et le plus naturel de l’esprit. Mais elle cache des pièges : silences mal placés, sous-entendus sur-interprétés, sujets qui braquent. Les chercheurs de l’Université Columbia en ont isolé trois que les personnes socialement très à l’aise écartent presque par réflexe.
Leur point commun ? Chacun peut installer un malaise, une comparaison ou une rivalité entre des gens qui discutaient tranquillement une minute plus tôt.
| Sujet évité | Ce qu’il risque de provoquer | Ce que font les plus habiles |
|---|---|---|
| L’argent | Comparaisons, insécurité, culpabilité | Choisir à qui en parler, et comment |
| L’apparence physique | Fragilisation de l’estime de soi, culture de la comparaison | Mettre en avant les qualités humaines |
| La médisance | Plus de mal que de bien | Se demander ce qui pousse à médire |
Ce n’est pas un règlement à appliquer à la lettre. C’est plutôt un réflexe à acquérir : avant de lancer un sujet, imaginer ce qu’il va déclencher chez la personne en face.
L’argent crée des comparaisons, des rapports de force et de la culpabilité
Évoquer son salaire, ses dépenses ou ses dettes met souvent l’autre mal à l’aise. Pire : cela ouvre la porte aux comparaisons et peut nourrir chez lui un sentiment d’insécurité, même sans mauvaise intention de votre part.
La philosophe et psychothérapeute Nicole Prieur constate que les gens parlent plus facilement de leur sexualité que d’argent. Dès qu’on aborde la question, dit-elle, un mouvement de retrait se produit, comme un « Comment osez-vous ? ». Elle y voit sans doute un héritage religieux, ainsi qu’une particularité française.
Les questions matérielles dessinent aussi des rapports de pouvoir entre les personnes, ce qui peut générer beaucoup de culpabilité. Nicole Prieur le rappelle : qu’on le veuille ou non, l’argent produit des émotions et des conflits.
« Parler d’argent, c’est parler d’amour »
Nicole Prieur, philosophe et psychothérapeute, citée par Psychologies. Elle l’applique au couple, où le sujet reste nécessaire malgré le tabou.
Un compliment sur le physique peut fragiliser plus qu’il ne flatte
Voilà qui surprend. Même formulés avec bienveillance, les compliments sur l’apparence peuvent être mal interprétés. Dans une société qui accorde beaucoup à la surface, les a priori sur le corps ont la vie dure.
Le rapport à son image est souvent intime et lié à des insécurités profondes. Chez certaines personnes, il peut aller jusqu’à des troubles comme la dysmorphophobie. Une remarque, même flatteuse, rappelle alors qu’on est constamment regardé et jugé. Elle entretient aussi une culture de la comparaison et de la performance.
Les chercheurs de Columbia indiquent que les personnes à l’intelligence sociale élevée préfèrent ne pas s’attarder sur l’image corporelle. Elles se concentrent sur des qualités humaines :
- la créativité,
- la générosité,
- l’humour,
- la curiosité intellectuelle.
Concrètement, vous pouvez saluer une idée, une blague ou une question bien posée plutôt qu’une tenue ou une silhouette.
La médisance trahit souvent un manque d’estime de soi
Des chercheurs de l’université Rice, à Houston, reconnaissent un rôle social aux ragots. Mais ils font souvent plus de mal que de bien, et les personnes socialement habiles s’en passent.
La psychothérapeute Isabelle Filliozat y lit un indicateur : médire révèle un manque d’estime de soi. Le médisant a l’impression de ne rien avoir en lui. Sa frustration le pousse à propager des ragots pour se sentir plus légitime. Son propos serait donc à interpréter comme un signal de détresse, « parce qu’il considère que ce qu’il va raconter de lui-même n’est pas intéressant », explique-t-elle.
Avant de médire, mieux vaut donc se demander ce qui nous y pousse. L’article invoque aussi un proverbe indien : « Mieux vaut mentir que médire ».
Même logique pour la vantardise. Les personnes intelligentes sur le plan relationnel laissent leurs bonnes actions parler pour elles, sans chercher les éloges qui nourrissent l’estime de soi. Elles installent ainsi un climat propice à des relations saines et respectueuses.
Éviter ne veut pas dire se taire : choisir ses sujets, ses mots et ses silences
Ces trois sujets ne sont pas interdits à vie. Pour l’argent, il s’agit de choisir à qui et comment en parler, pas de l’esquiver partout. En couple, il faut l’aborder.
Ce que retiennent les sources : maîtriser la conversation, c’est savoir choisir ses mots, ses silences et ses sujets pour favoriser des échanges authentiques et équilibrés. Cela repose sur la bienveillance et la justesse.
Plus qu’un talent inné, c’est un art de vivre fondé sur l’écoute, le respect et une curiosité sincère pour l’autre. À votre prochain repas de famille ou pot entre amis, essayez un test simple : poser une question sur une passion ou une idée plutôt que sur un revenu, un physique ou une absence.
Vos questions
Qui a identifié ces trois sujets que les gens habiles évitent ?
Ce sont des chercheurs de l’Université Columbia, qui ont pointé trois thématiques instinctivement évitées par les personnes dotées d’une intelligence relationnelle élevée. Il s’agit de l’argent, de l’apparence physique et de la médisance.
Faut-il ne jamais parler d’argent ?
Non. Il ne s’agit pas d’éviter le sujet à tout prix avec tout le monde, mais de choisir à qui et comment en parler. Dans un couple, la psychothérapeute Nicole Prieur juge même cette discussion nécessaire, car parler d’argent, c’est parler d’amour.
Pourquoi un compliment sur le physique peut-il poser problème ?
Le rapport au corps est souvent intime et lié à des insécurités profondes. Même flatteuse, une remarque sur l’apparence peut fragiliser l’estime de soi et entretenir une culture de la comparaison. Mieux vaut valoriser l’humour, la créativité, la générosité ou la curiosité.
Sources : Psychologies.