Votre téléphone sonne, vous le laissez vibrer, puis vous répondez par écrit. Gêne chez les autres, culpabilité chez vous ? Selon des chercheurs de l'université de Cornell, préférer le SMS à l'appel ne fait pas de vous un antisocial. Quatre traits reviennent souvent chez ceux qui évitent le téléphone.
En bref
- Des psychologues de Cornell ont analysé 18 mois d'enregistrements de communication mobile, appels et SMS confondus, chez 24 personnes.
- Leurs schémas de communication diffèrent souvent selon le canal, ce qui peut refléter des besoins et des préférences psychologiques distincts.
- Quatre traits reviennent : réfléchir avant d'agir, viser la clarté, fuir le superficiel et protéger son énergie émotionnelle.
Le chiffre clé : 18 mois d'enregistrements de communication mobile, appels et SMS, analysés par les chercheurs de Cornell.
Cornell a comparé 18 mois d'appels et de SMS pour décrypter nos habitudes
Pour comprendre ce que cache la préférence pour l'écrit, des psychologues américains de l'université de Cornell ont épluché 18 mois d'enregistrements de communication mobile. Ils ont comparé les appels et les SMS de 24 personnes.
Leur constat est net : les schémas de communication, c'est-à-dire les moments où l'on appelle et ceux où l'on envoie un message, diffèrent souvent d'un canal à l'autre. Le téléphone et le SMS ne répondent donc pas aux mêmes usages. Ils ne répondent pas non plus aux mêmes besoins, ni aux mêmes préférences psychologiques.
Le groupe étudié est restreint, 24 personnes, ce qui invite à la prudence. Mais l'idée de fond est simple : choisir un canal plutôt qu'un autre n'a rien d'un hasard. Selon les chercheurs, cette préférence en dit long sur la manière dont vous gérez vos relations, vos émotions et vos priorités. Un travail publié en 2011 dans le Journal of Research in Personality s'était d'ailleurs déjà penché sur le lien entre SMS, personnalité et contexte social.
Réfléchir avant de répondre et viser la justesse : les deux premiers traits
Trait 1 : un besoin de réflexion avant l'action
Les personnes qui privilégient les messages ont souvent besoin de temps pour organiser leurs pensées avant de répondre. Elles veulent être plus précises et plus intentionnelles dans ce qu'elles disent. Au téléphone, l'échange est spontané et immédiat : on répond sur le moment, sans filet.
Le SMS offre une respiration. Il permet de réfléchir avant d'agir. Ce besoin de pondération est lié à une forme d'introspection : on veut s'assurer que les mots choisis correspondent bien à l'intention.
Trait 2 : la recherche de clarté et de précision
Un SMS se relit, se reformule, s'ajuste avant l'envoi. Pour ceux qui l'adoptent, la justesse des mots passe avant tout, et l'écrit leur donne la possibilité de peaufiner leur message.
Ce n'est pas qu'une question de confort. C'est une façon de faire en sorte que l'information arrive de la manière la plus fidèle et la plus claire possible. Ce souci de précision n'est pas de la froideur : il traduit plutôt une forme de respect envers l'interlocuteur.
Fuir la conversation de façade et protéger son énergie : les deux autres traits
Trait 3 : le rejet de l'interaction superficielle
Un appel impose souvent des échanges de courtoisie, parfois forcés, et un ton qui peut sembler artificiel. Pour les adeptes du SMS, ces interactions superficielles sont épuisantes. Le texte leur permet d'exprimer leurs pensées plus directement, sans avoir à jouer un rôle.
Le message écrit autorise donc à être plus authentique, sans l'obligation de maintenir une façade sociale. Cette forme de communication plus pure est souvent plus appréciée par ceux qui recherchent une connexion sincère.
Trait 4 : la gestion de la charge émotionnelle
Une conversation téléphonique peut être émotionnellement exigeante. Elle réclame une présence immédiate et une gestion constante de ses émotions. Ceux qui préfèrent écrire sont souvent très attentifs à leur état intérieur et choisissent de gérer cette charge de façon plus mesurée.
Le texte leur permet de répondre quand ils se sentent prêts et capables d'entrer dans la conversation. Cela ne traduit pas une absence d'affection. C'est plutôt une manière consciente de protéger son bien-être émotionnel tout en restant en contact.
Ce que l'appel impose, ce que le SMS permet : les quatre traits en un coup d'œil
| Trait | Ce que l'appel impose | Ce que le SMS permet |
|---|---|---|
| Réflexion avant l'action | Un échange spontané et immédiat | Prendre le temps d'organiser ses pensées |
| Clarté et précision | Parler sans pouvoir se relire | Reformuler, relire, ajuster les mots |
| Rejet du superficiel | Des échanges de courtoisie parfois forcés | Dire les choses plus directement, sans rôle à jouer |
| Charge émotionnelle | Une présence immédiate et constante | Répondre quand on se sent prêt |
Ce tableau résume la logique commune aux quatre traits. Dans chaque cas, l'écrit donne à la personne un peu de contrôle sur le rythme et sur la forme de l'échange. C'est ce contrôle, plus que la peur des autres, qui explique le choix du message.
Ce que cela change dans votre regard sur un proche qui ne décroche pas
Si vous êtes de ceux qui préfèrent écrire, ces travaux vous donnent un autre vocabulaire que celui de la timidité ou du retrait. Vous n'évitez pas forcément les autres : vous choisissez le canal qui vous permet d'être précis, sincère et disponible quand vous l'êtes vraiment.
Si vous êtes plutôt du genre à décrocher tout de suite, l'enseignement vaut aussi pour vous. Un proche qui répond par SMS ne vous snobe pas nécessairement. Il peut simplement avoir besoin de mettre ses idées en ordre, de choisir ses mots ou de ménager son énergie émotionnelle avant d'échanger.
Les deux modes de communication ont leurs mérites. L'appel est immédiat et spontané. Le SMS est réfléchi et ajustable. Savoir ce qui se joue derrière la préférence de l'autre aide à éviter l'incompréhension, et la gêne que beaucoup de ceux qui privilégient l'écrit disent avoir déjà ressentie.
Vos questions
Préférer le SMS à l'appel, est-ce être antisocial ?
Non, pas forcément. Selon les chercheurs de l'université de Cornell, cette préférence reflète plutôt la façon dont on gère ses relations, ses émotions et ses priorités. Les personnes qui écrivent plus qu'elles n'appellent partagent souvent quatre traits, dont le besoin de réfléchir et la recherche de clarté.
Sur quoi repose cette étude de Cornell ?
Les psychologues ont analysé 18 mois d'enregistrements de communication mobile, appels et SMS, chez 24 individus. Ils ont constaté que les schémas de communication diffèrent souvent selon le canal. Cela peut refléter des usages, des besoins ou des préférences psychologiques distincts.
Le goût du SMS est-il un signe de froideur ou de manque d'affection ?
Non. Le souci de précision n'est pas de la froideur, mais une forme de respect envers l'interlocuteur. Choisir d'écrire peut aussi être une façon consciente de protéger son bien-être émotionnel tout en restant connecté aux autres.
Sources : Psychologies.