Fiche#1180181 /Psychologie
Psychologie
3 octobre 2026 6 min de lecture

5 mensonges du quotidien que même les gens honnêtes racontent : ce qu'ils protègent, selon une psychologue

En bref

Faire semblant, cacher ses efforts, ménager un ami : la psychologue Alice Boyes décrypte les 5 petits mensonges que presque tout le monde pratique.

Vous avez déjà trouvé la nouvelle coiffure d'une amie réussie sans le penser ? Vous n'êtes pas un menteur pour autant. Selon la psychologue Alice Boyes, relayée par le média américain Psychology Today, cinq petits mensonges reviennent chez presque tout le monde, et tous servent d'abord à vous protéger.

En bref

  • La psychologue Alice Boyes identifie cinq mensonges très courants dans la vie quotidienne, que presque tout le monde pratique.
  • Ils servent à se protéger du jugement, à soigner son image, à éviter les conflits et à préserver des relations.
  • Occasionnels, ils ne sont pas inquiétants : l'important est de comprendre pourquoi on ment, puis de chercher d'autres stratégies.

Le chiffre clé : 5, mensonges du quotidien que même les personnes honnêtes racontent, selon Alice Boyes.

Un mensonge ordinaire protège avant de tromper

Mentir n'est pas réservé aux menteurs. Selon la psychologue Alice Boyes, dont le travail est publié par le média américain Psychology Today, nous arrangeons tous la réalité par moments, parfois presque sans nous en rendre compte. Ces petits écarts ont des fonctions précises. Ils permettent par exemple d'ajuster ses attitudes et de choisir une autre stratégie face à une situation gênante ou stressante.

En psychologie, tous les mensonges ne se lisent pas de la même façon. Beaucoup reflètent une stratégie de protection : garder une bonne image de soi, éviter de se sentir incompétent ou ridicule. On parle alors parfois d'auto-tromperie. Face aux autres, on cherche à contrôler la façon dont on est perçu, quitte à exagérer ce qu'on a fait ou ce dont on est capable.

Autre moteur : les conflits. Les experts expliquent que le mensonge sert aussi à les éviter et à préserver certaines relations. Pris un par un et employés de façon occasionnelle, ces mensonges ne sont pas inquiétants en soi. Inutile de culpabiliser, donc. La vraie question est ailleurs : pourquoi ai-je menti ?

Faire semblant d'avoir agi ou d'avoir une passion : deux façons de sauver la face

Mensonge n° 1 : faire semblant d'avoir fait quelque chose. C'est, d'après Alice Boyes, le cas le plus courant. Vous n'avez pas fait ce qu'on vous demandait, mais vous assurez que si. Ce mensonge protège du jugement négatif des autres, et aussi d'une dégradation de l'image que vous avez de vous-même. Dans la foulée, on cherche volontiers une explication du côté de la technologie ou du hasard, même quand on sait que l'erreur vient probablement de nos propres actions.

Mensonge n° 2 : prétendre avoir une passion. Au milieu d'une discussion animée, quelqu'un vous demande quelle est votre musique préférée ou quel est votre hobby. Beaucoup de gens ne savent pas quoi répondre. Ils ont du mal à assumer de n'avoir ni morceau fétiche ni sport de prédilection. Le mensonge sert alors à préserver leur image et à obtenir un jugement positif.

La psychologue juge nocif, à long terme, le fait de mentir pour plaire aux autres. Elle invite à passer en revue ces situations : on peut découvrir qu'on ment plus souvent, ou plus facilement, qu'on ne l'imaginait.

Dire qu'on aime et cacher ses efforts : le mensonge poli et celui de l'invincible

Mensonge n° 3 : faire croire qu'on aime ce qu'on n'aime pas. C'est probablement le plus classique. Une amie change de coiffure et le résultat ne vous plaît pas : vous préférez ne rien dire, pour ne pas la blesser. Le but est d'éviter le conflit ou de ménager l'autre. Comme une convention sociale, cela ressemble presque à de la politesse.

Mais en abuser peut fausser durablement les relations amicales. La psychologue explique que, plus nous en sommes conscients, plus nous pouvons choisir avec réflexion les moments où nous dirons un petit mensonge et ceux où nous nous en abstiendrons.

Mensonge n° 4 : dissimuler les efforts fournis. Vous avez beaucoup travaillé pour arriver à un résultat, et vous répondez que ce n'est rien. Derrière ce réflexe, l'image visée est celle d'une personne invincible, qui masque ses difficultés et ses fragilités. Alice Boyes observe que nous racontons aux autres des mensonges destinés à nous protéger, mais que nous entretenons avec eux une relation étrange sur le plan intérieur. Ce type de mensonge peut lui aussi entacher vite des relations amicales.

Mentir sur ses habitudes de santé : un réflexe face au regard du médecin

Mensonge n° 5 : maquiller ses habitudes de santé. Face à un médecin, on est parfois étrangement tenté de mentir. Certains minimisent le nombre de cigarettes fumées par semaine, d'autres le nombre de verres de vin. De nombreuses personnes mentent aussi sur leur poids. Là encore, ces mensonges sont très fréquents et ont pour fonction de nous protéger du jugement.

Alice Boyes écrit que, dans certaines de ces situations, on peut vouloir cesser de ressentir cette pression, réelle ou imaginaire, qui pousse à mentir. Pour les données de santé, la transparence reste la meilleure stratégie pour progresser. En arrêtant ce mensonge, il devient possible de construire un plan personnalisé et d'améliorer durablement sa santé.

Les cinq mensonges en un coup d'œil, et la question à se poser

MensongeCe qu'il protège
Faire semblant d'avoir fait quelque choseLe regard des autres et l'image de soi
Prétendre avoir une passionL'image et le jugement positif des autres
Faire croire qu'on aimeLa relation : on évite le conflit et on ne blesse pas
Dissimuler ses effortsL'image d'une personne invincible, sans fragilités
Mentir sur ses habitudes de santéOn se protège du jugement

Le fil rouge est limpide : dans les cinq cas, le mensonge sert à se protéger. Il n'est donc pas la preuve d'une malhonnêteté, mais un mécanisme de défense. En identifiant ces petits mensonges fréquents, on peut analyser leurs raisons et chercher de nouvelles stratégies.

Le message de la psychologue tient en peu de mots : ces arrangements ne font pas de vous quelqu'un de malhonnête, mais ils méritent d'être regardés en face. Les repérer permet de décider quand un petit mensonge vaut le coup et quand la franchise vous rendra service, avec vos amis comme avec votre médecin.

Vos questions

Mentir un peu au quotidien, est-ce grave ?

D'après les experts cités, aucun de ces mensonges n'est inquiétant en soi s'il reste occasionnel. Tout le monde le fait, inutile de culpabiliser. L'important est de comprendre pourquoi on ment.

Quel est le mensonge le plus courant ?

Selon Alice Boyes, le cas le plus courant consiste à feindre d'avoir fait quelque chose alors que ce n'est pas le cas. Faire croire qu'on aime quelque chose est présenté comme probablement le plus classique, car il s'apparente presque à de la politesse.

Comment moins mentir ?

La première étape est de se demander pourquoi on a menti, puis de chercher d'autres stratégies. Plus on est conscient de ces mensonges, plus on peut choisir quand en dire un petit et quand s'en abstenir. Pour la santé, la transparence reste la meilleure stratégie.

Sources : Psychologies.

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