Fiche#1180213 /Psychologie
Psychologie
3 octobre 2026 5 min de lecture

« Chercher à avoir une vie équilibrée peut nous rendre plus malheureux » : la psychothérapeute Julie Garel explique pourquoi

En bref

La psychothérapeute Julie Garel explique pourquoi viser l'équilibre parfait épuise, et propose de parler d'alignement. Voici comment l'appliquer.

Vous jonglez entre travail, proches et temps pour vous, en espérant que tout tienne enfin en équilibre ? Selon la psychothérapeute et coach Julie Garel, cette quête peut devenir une performance qui épuise et frustre. Elle propose une autre boussole : l'alignement, et un point de départ simple.

En bref

  • Pour Julie Garel, la quête d'équilibre parfait devient une performance : on court après ce qui manque au lieu de profiter de ce qui est.
  • Elle préfère l'équilibre adaptatif, qui repose sur quatre capacités, et même l'alignement avec ses valeurs profondes.
  • Son conseil de départ : repérer ce qui fonctionne déjà, estime de soi, relations solides, famille soutenante, plutôt que ce qui manque.

Le chiffre clé : 4, capacités qui fondent l'équilibre adaptatif selon la psychothérapeute Julie Garel.

L'équilibre parfait devient une performance plus qu'une expérience

Passer du temps avec ses proches, mais aussi prendre soin de soi. Se dévouer à son travail, mais rester présent pour sa famille. Tout le monde connaît ces équations. Et tout le monde a ressenti cette impression de ne jamais y arriver tout à fait.

Pour la psychothérapeute et coach Julie Garel, la recherche d'un équilibre parfait ressemble à la quête du bonheur : « Elle peut devenir une performance plus qu'une expérience. En d'autres termes, on ne profite plus de ce qui est et on court après ce qui manque. »

Le risque, selon elle, est triple : ne jamais atteindre cet équilibre, être déçu, ou l'atteindre un moment puis s'épuiser à essayer de le maintenir.

Attendre le « bon équilibre » nourrit la frustration

Julie Garel compare le « bon équilibre » au « bon moment » ou à « la bonne personne ». Dans les trois cas, c'est une projection, qui nous place en position d'attente.

Or cette attente a un coût. Elle génère, dit la coach, « bien souvent de la frustration, qui gâche la satisfaction d'être en équilibre lorsque cela arrive ». Vous pouvez donc y arriver, et ne même pas en profiter.

Autre élément : les cycles. Notre énergie, notre humeur, nos hormones varient selon les jours et les saisons. Exiger de soi un équilibre constant, explique la spécialiste, revient à lutter contre son propre fonctionnement interne, mais aussi contre son environnement.

L'équilibre adaptatif repose sur quatre capacités

Nos états émotionnels bougent avec la qualité de notre sommeil, notre santé, nos relations, notre travail. Viser un état stable est donc, pour la psychothérapeute, un objectif impossible. Elle préfère parler d'équilibre adaptatif, qui repose sur quatre capacités :

  1. accepter l'incertitude ;
  2. gérer la frustration ;
  3. renoncer à ce qui échappe à notre contrôle ;
  4. prendre des décisions alignées avec nos valeurs profondes.

Aucune de ces capacités ne demande de tout tenir en même temps. Elles servent à s'ajuster quand la vie change, au lieu de se juger quand elle déborde.

Une période de travail intense peut être alignée, si vous l'avez choisie

Julie Garel dit préférer le mot alignement au mot équilibre. Son exemple : une période où le travail prend toute la place peut être alignée si elle est choisie et si elle n'entrave pas les fonctions vitales. Elle en cite quatre : sommeil, alimentation, santé, liens essentiels.

Le piège, c'est de ne plus sentir quand ces limites sont franchies. Selon la psychothérapeute, certaines personnes perçoivent peu leurs signaux d'alerte, ou ont appris à les ignorer. Fatigue, irritabilité, tensions physiques sont devenues presque normales pour elles.

Une partie du travail consiste alors à réapprendre à entendre ces signaux et à en tenir compte. Pas pour tout rééquilibrer, mais pour savoir si la situation que vous vivez est encore un choix.

Partir de ce qui fonctionne déjà plutôt que de ce qui manque

Pourquoi court-on autant après l'équilibre ? Parce qu'on veut cocher toutes les cases. Julie Garel raconte recevoir de nombreuses personnes qui lui disent « j'ai tout » : un conjoint, une maison, des enfants, un travail. « Elles ont coché les cases et pourtant elles se sentent vides », assure-t-elle.

Selon elle, ces personnes n'ont pas vraiment construit leur vie. Elles ont mis leur énergie dans un modèle impersonnel, conforme à des attentes extérieures. S'ensuit une culpabilité retournée contre soi : « Qu'est-ce qui cloche chez moi ? », « Pourquoi les autres y arrivent et pas moi ? ».

« L'équilibre parfait, est comme le bonheur : plus on le cherche, moins on voit ce qui nous stabilise déjà. »

Julie Garel, psychothérapeute et coach

Son conseil : commencer par chercher ce qui est déjà là. Estime de soi, confiance, relations solides, épanouissement professionnel, famille soutenante. Partir de ce socle, dit-elle, sort la personne de la logique du manque.

Vos questions

Qu'est-ce que l'équilibre adaptatif ?

C'est la notion que Julie Garel oppose au « bon équilibre ». Elle repose sur quatre capacités : accepter l'incertitude, gérer la frustration, renoncer à ce qui échappe à notre contrôle et prendre des décisions alignées avec nos valeurs profondes.

Pourquoi parler d'alignement plutôt que d'équilibre ?

Pour la psychothérapeute, une période où le travail prend toute la place peut être alignée si elle est choisie. Il faut aussi qu'elle n'entrave pas les fonctions vitales : sommeil, alimentation, santé, liens essentiels.

Par où commencer concrètement ?

Julie Garel conseille de lister ce qui est déjà acquis et participe à votre équilibre : estime de soi, confiance, relations solides, épanouissement professionnel, famille soutenante. Partir de ce qui fonctionne sort de la logique du manque.

Sources : Psychologies.

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