Fiche#1179865 /Psychologie
Psychologie
2 octobre 2026 5 min de lecture

« Pour la première fois, j'ai eu l'impression d'être adulte » : Florence, 55 ans, arrête l'appel du dimanche

En bref

Florence a cessé l'appel dominical à sa mère à 55 ans. Une étude de Baylor University explique pourquoi cette distance peut être un choix d'adulte.

Le dimanche, vous décrochez votre téléphone pour appeler votre mère, par habitude plus que par envie ? À 55 ans, Florence a mis fin à ce rituel, sans conflit ni désamour. Elle y a gagné le sentiment d'être adulte. Une étude américaine de Baylor University explique pourquoi cette distance peut être un choix, pas un rejet.

En bref

  • Florence, 55 ans, a cessé l'appel du dimanche à sa mère, sans conflit, pour reprendre la main sur leur lien.
  • Une étude de 2026 décrit le daughtering : les filles adultes choisissent activement leur degré de proximité avec leur mère.
  • Pour la psychothérapeute Diane Barth, une relation adulte repose sur le respect mutuel, pas sur la disponibilité permanente.

Le chiffre clé : 55 ans, L'âge auquel Florence a cessé d'appeler sa mère chaque dimanche.

Florence n'a pas rompu : elle a repris la main sur la relation

Pendant des années, Florence a appelé sa mère chaque dimanche sans se poser de question. Le rendez-vous revenait tout seul, comme un rituel familial auquel elle ne dérogeait jamais. Puis, à 55 ans, elle y a mis fin.

Le motif surprend : aucun conflit n'avait éclaté, et elle n'avait pas cessé d'aimer sa mère. Elle a simplement ressenti le besoin de reprendre la main sur cette relation. Ce qu'elle a éprouvé ensuite tient en une phrase :

« Pour la première fois, j'ai eu l'impression d'être adulte »

Florence, 55 ans

Cette phrase touche parce que beaucoup de lecteurs s'y reconnaîtront. On peut avoir quitté le foyer depuis longtemps et continuer d'obéir à des habitudes de famille, sans plus se demander d'où elles viennent. Une étude publiée en 2026 dans la revue Personal Relationships, signée Allison M. Alford, de l'université américaine Baylor, éclaire ce basculement.

Devenir adulte ne s'arrête pas quand on quitte la maison

On croit souvent que devenir adulte se résume à trois étapes : quitter la maison, construire sa carrière, fonder une famille. Sur le plan psychologique, le processus est en réalité plus long. La relation avec les parents continue d'évoluer toute la vie, et elle demande à être réajustée de temps en temps.

Ce réajustement prend des formes très concrètes :

  • de nouvelles règles implicites entre vous et votre parent ;
  • une fréquence d'appels différente ;
  • une manière plus libre de partager votre quotidien.

Le cas de Florence soulève donc des questions que chacun peut se poser. À quel moment cesse-t-on réellement d'être l'enfant de ses parents ? Pourquoi des habitudes familiales continuent-elles de guider nos comportements bien après le départ du foyer ? Et pourquoi poser une limite peut-il donner le sentiment d'accéder enfin à l'autonomie ? Aucune réponse unique ne s'impose, mais l'étude de Baylor propose une piste.

Le daughtering : les filles adultes choisissent comment être filles

Selon l'étude d'Allison M. Alford, les filles adultes ne sont pas de simples héritières de leur histoire familiale. Elles évaluent en permanence la qualité de leur relation avec leur mère. Et elles prennent des décisions conscientes sur le degré de proximité qu'elles veulent garder.

Les chercheuses parlent de daughtering, un processus actif par lequel une fille adulte choisit comment elle souhaite être fille. Deux grandes trajectoires apparaissent :

ChoixCe qu'il traduit selon les chercheuses
Maintenir un lien très étroitUne forme d'autonomie
Prendre davantage de distanceUne forme d'autonomie, pas un manque d'amour

Le message est net : ni la proximité ni la distance ne sont un échec en soi. Ce qui compte, c'est que le choix soit le vôtre.

La culpabilité guette celles qui desserrent le lien

Prendre de la distance peut provoquer beaucoup de culpabilité. Beaucoup de femmes ont grandi avec l'idée qu'une « bonne fille » reste disponible, appelle régulièrement et place les besoins de sa mère avant les siens.

Même quand elles ressentent le besoin de souffler, certaines gardent des habitudes davantage par obligation que par envie. Les chercheuses de Baylor notent aussi que de nombreuses participantes se sentent responsables de l'entretien de la relation, y compris quand elles jugent que les difficultés ne viennent pas d'elles.

Ce poids explique pourquoi un geste aussi petit qu'un appel supprimé peut sembler immense. Il oblige à se demander si l'on décroche par affection ou par devoir. Chez Florence, ce geste a fait naître le sentiment d'être adulte.

Une relation solide repose sur le respect, pas sur la disponibilité permanente

La psychothérapeute Diane Barth explique, dans le magazine américain Psychology Today, que la relation mère-fille adulte devient plus sereine quand elle cesse d'obéir aux règles de l'enfance. Elle fonctionne alors comme une relation entre deux adultes.

Concrètement, cela suppose d'accepter que chacune ait :

  • son propre rythme ;
  • ses propres priorités ;
  • ses propres limites.

Pour la psychologue, une relation solide ne tient pas à une disponibilité permanente, mais au respect mutuel.

Appeler moins souvent sa mère ne revient donc pas forcément à s'éloigner d'elle. Cela peut marquer une façon d'être en lien plus choisie que subie. C'est sans doute ce que Florence a vécu en renonçant à son appel du dimanche : pas la fin d'une relation, mais le début d'une autre, où l'affection se passe de rendez-vous fixe.

Vos questions

Arrêter d'appeler sa mère chaque dimanche, est-ce ne plus l'aimer ?

Pas nécessairement. Florence n'avait ni conflit avec sa mère ni perte d'affection : elle voulait reprendre la main sur la relation. Selon l'étude de Baylor, choisir plus de distance traduit une forme d'autonomie, et non un manque d'amour.

Qu'est-ce que le daughtering ?

C'est le terme employé par les chercheuses de Baylor pour décrire un processus actif : les filles adultes choisissent comment elles souhaitent être filles. Certaines gardent un lien très étroit avec leur mère, d'autres prennent davantage de distance.

Comment composer avec la culpabilité quand on prend de la distance ?

Cette culpabilité est fréquente, car beaucoup de femmes ont grandi avec l'idée qu'une « bonne fille » reste disponible. Diane Barth rappelle qu'une relation solide repose sur le respect mutuel plutôt que sur la disponibilité permanente. Appeler moins souvent peut donc être une façon plus choisie d'être en lien.

Sources : Psychologies.

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