Préparer tenue et sac la veille : pourquoi ce réflexe rassure, et ce que la psychologue Marguerite Girardin Hersen recommande
Fiche#1181351 /Psychologie
Psychologie
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Préparer tenue et sac la veille : pourquoi ce réflexe rassure, et ce que la psychologue Marguerite Girardin Hersen recommande

En bref

Tenue et sac prêts la veille : la psychologue Marguerite Girardin Hersen explique ce besoin de réassurance et le moment où la routine devient gênante.

Vous posez vos vêtements sur une chaise et votre sac près de la porte avant de vous coucher. Simple organisation, manie ou anxiété ? Selon la psychologue Marguerite Girardin Hersen, ce réflexe traduit surtout un besoin de contrôle et de réassurance. Il est souvent sain, tant qu'il vous soulage au lieu de vous gêner.

En bref

  • Tout préparer la veille traduit un besoin de contrôle et de réassurance, pas seulement un goût pour l'organisation.
  • Pour la psychologue, ces personnes ont identifié leurs besoins et ont su s'adapter : il n'y a pas de problème en soi.
  • La routine devient gênante quand elle s'emballe, par exemple en vérifiant six fois la porte, plusieurs fois par jour.

Le chiffre clé : 6 fois, vérifications d'une porte fermée à clé, seuil évoqué où la routine peut devenir gênante.

Préparer la veille répond d'abord à un besoin de contrôle

Tenue étalée sur une chaise, sac refait et posé près de la porte : on classe vite ces personnes dans la case des « control freaks », un peu rigides. La psychologue Marguerite Girardin Hersen propose une lecture moins sévère. Pour elle, cette routine d'anticipation n'est pas une simple affaire d'organisation. Elle est pilotée par un besoin de contrôle.

Ce besoin prend la forme d'une quête de réassurance. En psychologie, la sur-vérification est un comportement de réassurance : elle apaise le doute sur le moment, mais tend à l'entretenir sur la durée. Le soulagement du soir est donc réel, et il est court. Le doute revient, et le geste avec lui.

« Les personnes qui préparent tout la veille sont des personnalités consciencieuses, organisées, qui veulent avant tout éviter les mauvaises surprises »

Marguerite Girardin Hersen, psychologue

Le portrait n'a rien d'une caricature. Ce sont des profils sérieux, qui cherchent avant tout à ne pas être pris au dépourvu.

Plus j'anticipe, moins je risque l'erreur : la logique de ces profils

Le raisonnement de ces personnes tient en une phrase, que la psychologue résume ainsi : « plus j’anticipe, plus j’ai de possibilités de refaire et d’éviter l’erreur ». Chaque vérification offre une seconde chance de corriger. Pourquoi s'en priver ?

Cette logique explique aussi pourquoi certains refont des dizaines de fois la même vérification. On observe souvent, chez ces profils, des comportements répétitifs qui peuvent s'apparenter à des TOC, les troubles obsessionnels compulsifs.

Attention pourtant à ne pas conclure trop vite. Cette vérification excessive ne représente généralement pas un véritable TOC. Elle reste en revanche le signe d'un fort besoin de contrôle et d'organisation. La nuance compte : avoir sa tenue prête ne fait pas de vous un patient, cela dit quelque chose de votre rapport à l'incertitude.

La surcharge mentale pousse à tout prévoir, surtout chez les mères de famille

Cette tendance à l'anticipation constante peut être plus marquée à certaines périodes de la vie. La psychologue cite notamment les mères de famille. Chez les femmes en surcharge mentale, dit-elle, c'est un « réel besoin d’anticiper pour que la bande passante puisse absorber tout ce qu’il y a à faire ».

L'image est parlante. Quand la tête gère déjà des dizaines de tâches, chaque décision prise la veille libère de la place le lendemain matin. Préparer le sac et la tenue, c'est déplacer une charge vers un moment où l'on a encore de l'énergie.

Quand ce rituel s'installe comme un mode de vie, il s'associe souvent, précise l'experte, à la crainte de l'imprévu et de la faille. Le geste ne répond plus seulement à une période chargée : il protège contre l'idée de se trouver pris en défaut.

Derrière la routine, la crainte de ses propres réactions face à l'imprévu

Il s'agit généralement de personnes qui redoutent leurs propres émotions et leurs propres réactions quand l'imprévu survient. Elles connaissent l'anxiété que cela peut générer en elles. Le perfectionnisme, par la sur-vérification, devient alors une stratégie de protection.

Ce n'est donc pas l'imprévu lui-même qui fait peur, mais ce qu'il déclenche à l'intérieur. La psychologue le formule ainsi : « La difficulté à gérer l’imprévu et les émotions qui y sont associées mène au contrôle exacerbé ».

Faut-il pour autant s'inquiéter ? Non. L'experte est formelle : ces personnes ont identifié leurs besoins et ont su s'adapter. La plupart du temps, ce sont des profils anxieux qui ont besoin d'organiser les choses pour ne pas être surpris. « La planification leur permet d’être à l’aise. Il n’y a pas de problème avec ça », ajoute-t-elle. Tout préparer la veille est avant tout une stratégie d'adaptation efficace, qui permet de reprendre confiance.

Le test : la routine vous soulage-t-elle ou vous gêne-t-elle ?

Reste à savoir si ce comportement vous soulage ou vous pèse sur le long terme. Voici comment la psychologue distingue les deux situations.

SituationLecture de la psychologue
Tenue et sac prêts la veille, vous vous sentez à l'aiseStratégie d'adaptation efficace, pas de problème
Porte vérifiée à 6 reprises, plusieurs fois par jourPeut devenir gênant, un travail sur l'anxiété est possible

Dans le second cas, un travail peut être entamé pour gérer l'anxiété que ces vérifications provoquent. Marguerite Girardin Hersen propose deux questions à se poser :

  • Est-ce que ça me gêne dans mon quotidien ?
  • Est-ce que ça me gêne dans ma socialisation, dans mes échanges prosociaux ?

Si vous répondez non aux deux, votre rituel du soir fait simplement son travail : il vous aide à aborder la journée suivante avec un peu plus de confiance.

Vos questions

Préparer ses affaires la veille est-il un signe d'anxiété ?

Souvent, ce sont des profils anxieux qui ont besoin d'organiser les choses pour ne pas être surpris. Mais la psychologue Marguerite Girardin Hersen insiste : ces personnes ont identifié leurs besoins et ont su s'adapter. La planification les met à l'aise et il n'y a pas de problème avec ça.

Est-ce un TOC de tout vérifier avant de se coucher ?

Ces comportements répétitifs peuvent s'apparenter à des TOC, et certains refont des dizaines de fois la même vérification. Mais la vérification excessive ne représente généralement pas un véritable TOC. Elle signale surtout un fort besoin de contrôle et d'organisation.

Quand faut-il s'interroger sur cette habitude ?

Quand elle vous gêne dans votre quotidien ou dans vos échanges avec les autres. La psychologue donne un exemple : vérifier à 6 reprises que l'on a fermé sa porte à clé, plusieurs fois par jour. Un travail sur l'anxiété est alors possible.

Sources : Psychologies.

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