L’effet projecteur

Effet projecteur

1L’effet projecteur est un biais cognitif nous conduisant à penser que “les autres” font plus attention à nous qu’ils ne le font réellement. Comme sous le feu des spotlights, nous avons l’impression qu’on ne “voit” que nous, qu’il s’agisse de situations positives ou négatives. 

2C’est cet effet qui nous rend si mal à l’aise lorsque nous faisons une erreur en public, que nous commettons un fashion faux pas ou que nous avons une attitude atypique. Nous serons encore en train de ruminer notre “défaite” que les autres seront déjà passés à autre chose, en admettant même qu’ils s’en soient rendu compte. Idem, à l’inverse, lorsque notre boss nous fait un compliment en public. 

3L’effet projecteur a été exposé par Thomas GilovichVictoria Medvec et Kenneth Savitsky, dont les recherches ont été présentées dans l’article The spotlight effect in social judgment: An egocentric bias in estimates of the salience of one’s own actions and appearance. L’une de leurs expériences consistait à évaluer l’écart entre l’attention qu’une personne portant un t-shirt “ridicule” imaginait provoquer et l’attention véritablement engendrée. 

4Comment expliquer ce biais ? La première piste est l’effet d’ancrage. Comme notre propre pensée est notre source d’informations primaire pour nous forger une opinion, il nous est par la suite difficile de prendre en compte d’autres apports (“ce qu’il est probable que les autres pensent réellement”) car cela reviendrait à nous déjuger.

5Une autre explication est que nous nous connaissons bien, et remarquons mieux que quiconque les variations, même minimes, de notre apparence, attitude ou performance, qui pourtant passeront parfaitement inaperçues. 

6Cet effet peut avoir des conséquences importantes sur notre vie : 

  • Nous pouvons prendre une décision en fonction de ce que nous pensons que les autres penseront. Dommage car souvent ils n’en penseront rien puisqu’ils n’en sauront rien…
  • La croyance que les autres nous portent une attention exagérée, peut renforcer notre anxiété (phobie) sociale, et nous empêcher de vivre pleinement.

7La bonne nouvelle ? Il est possible de lutter contre cet effet :

  • Renverser les situations : que penseriez-vous si, ce qui vient de vous arriver, était arrivé à quelqu’un d’autre ? Y prêteriez-vous tant d’importance ? Probablement pas. 
  • Restructurer nos croyances : les thérapies cognitivo-comportementales permettent d’identifier et de remettre en question nos pensées négatives, et de mettre en place d’autres pensées, plus en rapport avec la réalité.

La leçon à retenir 

Qui n’a jamais connu cette sensation étrange lorsque l’on est seul(e) au restaurant, au cinéma, en voyage… ? La réalité est que, le plus souvent, tout le monde s’en fiche. Sauf nous. 

Pour aller plus loin 


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