Les “chief heat officers”

Les “chief heat officers”

1Les chief heat officers (directeurs de la gestion de la chaleur) sont des professionnels recrutés par les municipalités pour lutter contre les chaleurs extrêmes de plus en plus fréquentes. Leur émergence doit beaucoup à la fondation Arsht-Rockdont la mission est d’améliorer notre résilience face au changement climatique.

2Leur action se décline en plusieurs volets :

  • Faire prendre conscience des risques liés aux chaleurs extrêmes
  • Protéger les habitants les plus vulnérables 
  • Planifier des actions de court et long termes
  • Initier des projets d’infrastructure 

3Les villes sont en effet particulièrement exposées à ces risques. Les matériaux utilisés (goudron, béton, pierre…) et l’absence de végétation en centre ville créent des îlots de chaleur urbains, dont la température est supérieure de 4 °C en moyenne, à celle des territoires limitrophes, lors des vagues de chaleur.

Source : Groupe Descartes

4Cette question est loin d’être anecdotique : environ 20 % des villes les plus peuplées dans le monde, soit 1 milliard d’habitants, verraient leur température augmenter de plus de 4 °C d’ici 2050. 

5Au Sud comme au Nord, de plus en plus de villes sont concernées. Athènes, par exemple, a nommé sa première chief heat officer pour repenser la ville et l’adapter à des chaleurs de plus en plus intenses, accentuées par une densité urbaine extrême et l’absence d’espace verts. Plus au Nord, Londres est également menacée car son parc immobilier, le plus vétuste d’Europe, est mal isolé et donc difficile à rafraîchir. Jusqu’alors tempéré, le Royaume-Uni a connu durant l’été 2022 des températures dépassant pour la première fois les 40 °C. Conséquences ? Des feux de forêts tels que seule l’Europe du Sud en connaissait…

6Selon les Nations Unies, les chaleurs urbaines réduiraient notre capacité de travail d’environ 20 % pendant les mois les plus chauds. Le cabinet Vivid Economics estime que l’économie américaine pourrait perdre 200 milliards de dollars chaque année en raison de la baisse de productivité des travailleurs exposés aux chaleurs extrêmes.

7Les effets des chaleurs extrêmes sur notre santé sont encore largement sous-estimés. Une étude récente publiée par The Lancet estime que les températures extrêmes (chaleur et froid) sont responsables de plus de 5 millions de décès chaque année. 


La leçon à retenir

Pour limiter le réchauffement à +1,5 °C, nous devons diviser par deux nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Nos “promesses” actuelles, même si nous devions les tenir (ce qui n’est pas du tout le cas à ce jour), nous mènent tout droit à +2,5° C… Les points de bascule irréversibles sont proches. Notre moment Don’t look up ?

Pour aller plus loin


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