Vous avez entre 18 et 25 ans, le moral en berne, et une liste d'attente pour consulter ? Un essai mené à Oxford, rapporté par le site américain PsyPost, suggère qu'un cours de salsa par semaine pendant huit semaines peut alléger les symptômes dépressifs. À condition d'y prendre plaisir, et sans remplacer un suivi professionnel.
En bref
- Un essai randomisé publié dans Psychological Medicine compare huit cours de salsa à une liste d'attente chez 121 jeunes de 18 à 24 ans.
- Le score de dépression du groupe salsa a baissé d'environ trois points, contre moins d'un point pour le groupe en attente.
- L'anxiété sociale a aussi reculé, et ceux qui ont le plus aimé les cours avaient les symptômes les plus faibles.
Le chiffre clé : 2,5 points d'écart moyen entre groupe salsa et groupe en attente sur le questionnaire PHQ-9.
Un cours de salsa par semaine, pendant huit semaines
L'équipe dirigée par Brennan Delattre, doctorant au département de psychiatrie de l'université d'Oxford, a recruté 121 personnes de 18 à 24 ans. Toutes présentaient des symptômes dépressifs, de légers à modérément sévères, repérés par un questionnaire de dépistage.
Le tirage au sort a réparti les participants en deux groupes. Le premier devait suivre au moins six des huit cours hebdomadaires de salsa. Le second, groupe témoin, attendait douze semaines avant de pouvoir y accéder, tout en remplissant les mêmes évaluations.
Les cours se tenaient dans les associations de danse des universités d'Oxford. Des instructeurs expérimentés les animaient, et des habitués étrangers à l'étude y participaient. Les jeunes du protocole se fondaient donc dans un vrai cours, pas dans une séance de laboratoire.
Le score de dépression baisse d'environ trois points
Le critère principal était le PHQ-9, un questionnaire de 0 à 27 utilisé en médecine de ville. Il interroge sur la fréquence, au cours des deux dernières semaines, de signes comme l'humeur basse ou la perte d'intérêt.
Selon Brennan Delattre, le score du groupe salsa a reculé d'environ trois points en moyenne. Celui du groupe en attente a varié de moins d'un point. L'écart d'environ 2,5 points dépasse le seuil à partir duquel les patients eux-mêmes perçoivent un changement.
Le bénéfice ne différait pas de façon notable entre les jeunes aux symptômes légers et ceux aux symptômes modérément sévères.
| Élément | Groupe salsa | Groupe en attente |
|---|---|---|
| Participants analysés | 49 | 44 |
| Baisse moyenne du PHQ-9 | environ 3 points | moins de 1 point |
| Anxiété sociale | baisse régulière | presque aucun changement |
Ce qui compte : le plaisir, pas la performance
Un détail change la lecture pratique. Les participants qui ont vécu les cours le plus positivement avaient tendance à présenter moins de symptômes dépressifs. Le plaisir pris en cours semble donc compter.
Brennan Delattre insiste sur ce point : le message n'est pas que la salsa guérit. Faire une activité physique, sociale et vraiment agréable peut améliorer l'humeur, en complément d'une prise en charge professionnelle et jamais à sa place.
Si vous cherchez un geste utile tout de suite, retenez le critère : une activité que vous avez envie de refaire, pratiquée avec d'autres. Le style précis importe moins que l'envie d'y retourner.
Pourquoi la danse à deux a été choisie
Les chercheurs partaient d'un constat. La dépression débute le plus souvent entre 15 et 25 ans, mais les jeunes adultes sont sous-représentés dans la recherche sur les traitements. Ils abandonnent aussi davantage leur suivi que leurs aînés.
S'y ajoutent l'isolement et la solitude, à la fois déclencheurs de la dépression et freins à la guérison. Les délais d'attente pour obtenir des soins peuvent être longs, et selon Brennan Delattre, plus l'attente dure, plus les résultats du traitement risquent d'être mauvais.
L'équipe voulait donc une activité accessible, plaisante, perçue comme faite pour les jeunes, et qui agisse à la fois sur l'humeur et sur le lien social. La danse en groupe associe effort physique et échanges continus : coopération, communication non verbale, sentiment d'avoir accompli quelque chose ensemble.
Pourquoi la salsa, et pas une autre danse
Avant l'essai, les chercheurs ont consulté un groupe de jeunes d'Oxford, avec ou sans expérience de la dépression et de l'anxiété. Ces jeunes ont regardé des vidéos de salsa, de danse cèilidh, de capoeira et de jeux de mouvement coopératifs.
Leur verdict : la salsa leur paraissait la plus agréable et la plus acceptable pour leurs pairs. Le choix venait donc des premiers concernés.
Pour suivre l'effet, les participants remplissaient plusieurs questionnaires sur l'anxiété généralisée, l'anxiété sociale, la solitude et le plaisir tiré des interactions. Ils recevaient aussi chaque jour un SMS leur demandant de noter leur bonheur de un à dix. L'analyse finale porte sur 93 personnes, après exclusion des abandons et des participants qui n'avaient pas respecté le protocole.
Gardez une limite en tête : l'échantillon reste modeste et réunit des étudiants d'un seul lieu.
Vos questions
La salsa peut-elle remplacer un traitement contre la dépression ?
Non. Brennan Delattre précise que la salsa n'est pas une cure. Une activité active, sociale et agréable peut aider l'humeur, en complément d'un suivi professionnel et jamais à sa place.
Combien de cours les participants devaient-ils suivre ?
Le programme comptait huit cours hebdomadaires de salsa. Les jeunes du groupe salsa devaient en suivre au moins six sur huit. Le groupe témoin pouvait y accéder après douze semaines d'attente.
Qui a participé à cet essai ?
L'essai a recruté 121 personnes de 18 à 24 ans présentant des symptômes dépressifs légers à modérément sévères. L'analyse finale porte sur 93 participants : 49 dans le groupe salsa et 44 dans le groupe en attente.
Sources : psypost.org.