La “productivity shame”

Productivity shame

1La productivity shame est notre tendance à nous fixer des objectifs ou des délais irréalistes que, bien sûr, nous ne parvenons pas à tenir… d’où ce sentiment de culpabilité qui nous tenaille lorsque nous regardons un film ou promenons notre chien. Si vous vous reconnaissez, vous souffrez probablement – comme nous tous – de productivity shame.

2Le concept a été théorisé par Jocelyn K. Glei, une auteure « obsédée » (selon ses propres termes) par la recherche de sens et de créativité dans le travail.

3La productivity shame trouve en partie sa source dans un autre phénomène : le planning fallacy ou le fait que nous surestimons systématiquement le temps dont nous disposons pour réaliser une tâche. Selon Rescue Time, le nombre réel d’heures où nous sommes productifs ne dépasse pas les 12,5 heures par semaine.

4Autre source de productivity shame : le manque de « livrables » concrets à réaliser. Sauf si vous travaillez en usine ou à la ferme, il est fort probable que vous ne sachiez pas exactement ce que vous avez à “livrer”. Dans notre économie dominée par les services et la connaissance, la notion de production a été remplacée par de la collaboration et de la communication permanentes, le tout assaisonné de réunionite échevelée. Ne pas savoir ce que l’on doit produire, déboussole et renforce ce sentiment de culpabilité.

5Cette tendance est encore amplifiée par l’explosion du travail à distance. Selon une étude Microsoft réalisée au Royaume-Uni, 53 % des personnes interrogées ressentent le besoin d’être disponibles en permanence lorsqu’elles travaillent de chez elles, et 52 % déclarent travailler plus longtemps et s’accorder moins de pauses.

6Une piste pour limiter ce sentiment de culpabilité : tirer parti de nos “temps forts”. Toujours selon Rescue Time – et pour des raisons inexpliquées – c’est le mercredi à 15h que nous serions en général les plus productifs. Pour les développeurs, c’est entre 14h et 18h qu’ils atteignent leur pic de productivité, quel que soit le jour. Quant aux rédacteurs, ils seraient plutôt du matin, avec une préférence pour le mardi à 10h. C’est précis !

7Autre antidote connue pour son efficacité : le principe de progrès. C’est en prenant conscience de ce que nous avons déjà réalisé et en suivant notre progression, que nous arrivons à être satisfaits de notre travail… et à ne plus nous sentir coupables !

La leçon à tirer 

“Soyons réalistes : demandons l’impossible !” Et si c’était plutôt “soyons impossibles : demandons le réalisme” ?

Pour aller plus loin



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