Le système de crédit social chinois

Le système de crédit social chinois

1Le système de crédit social désigne un programme mis en place par le gouvernement chinois pour rétribuer ou pénaliser les citoyens en fonction de leurs comportements.

2Après quelques expérimentations locales, le gouvernement chinois a officiellement annoncé le lancement de son programme de crédit social en 2014.

3Située au bord de la mer jaune, Rongcheng est l’une des villes à avoir poussé le plus loin cette expérimentation.

  • Les 170 000 résidents adultes de Rongcheng disposent chacun d’un crédit de départ de 1 000 points.
  • Les autorités locales comptabilisent ensuite les points en fonction des comportements observés. Chaque citoyen se voit ainsi attribuer une notation, allant de A+++ à D. Les infractions au code de la route et le non remboursement de dettes vous font perdre des points, alors que les dons accordés à des associations vous en font gagner. Etonnant, non ? 
  • Les “bons citoyens” bénéficient notamment de la location de vélo sans caution, de réductions sur leurs factures d’énergie ou d’un accès au crédit facilité.

4Le système est désormais étendu à une quarantaine d’autres villes (à l’exception notable de Hong Kong et Macau). Les sanctions les plus courantes incluent un accès ralenti à Internet et l’exclusion des transports publics : neuf millions de personnes auraient ainsi été privés d’acheter des billets de train ou d’avion. La mesure la plus impopulaire reste toutefois l’interdiction de souscrire un emprunt, imposée à plus de 170 000 “mauvais créanciers”. 

A Beijing, ce sont les comportements “déplacés” dans le métro qui sont le plus fortement sanctionnés, tels que manger en public ou écouter de la musique à plein volume.

5Les citoyens qui obtiennent les meilleurs scores, ont droit à leur portrait sur les panneaux d’affichage public.

6Les entreprises sont les premières visées : en 2020, 73 % des infractions constatées les concernaient. Parmi les comportements les plus scrutés figurent la sécurité alimentaire, le vol de propriété intellectuelle, les violations du droit du travail, les défauts de remboursement et les contrefaçons. Selon les autorités chinoises, ce système de surveillance stricte doit engendrer une “culture de la sincérité” dans tout le pays.

7Le programme de crédit social chinois s’inscrit dans une tendance mondiale : l’évaluation des comportements et la volonté de les influencer (le fameux nudge). Il est en revanche unique par son ampleur et les moyens envisagés s’il devait être appliqué à l’ensemble du pays… au risque des pires dérives. Car qui définit les comportements à sanctionner ? 


La leçon à tirer

L’enfer est pavé de bonnes (?) intentions. 

Pour aller plus loin


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